Madagascar 1

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Madagascar 2

De 1895 à nos jours

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1960 à 1998


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Les Pays de la zone Océan indien

Madagascar en bref

État insulaire de l’océan Indien.
Coordonnées : 19.00 S et 46.00 E
Nom officiel : République démocratique de Madagascar.
Fête nationale : le 26 Juin
Superficie : 587 041 km.
Dimensions : du Nord au Sud, 1600 km et d’Est en Ouest, 500 km
Littoral : 4828 km de côte.
Relief : hauts plateaux et zones montagneuse (pénéplaine latéritique d’une altitude moyenne de 700 à 1500 m) marqués au nord et au centre de massifs volcaniques, plaines côtières assez étroites.
Points culminants : le Tsaratanana à 2876 m d’altitude, l’Ankaratra à 2643 m et l’Andringitra à 2658 m.
Population : près de 16 000 000 hab. (malgaches).
Langues : malgache, français.
Religions : 52% de religions traditionnelles (culte des ancêtres), 41% de chrétiens (catholiques et protestants), 7% de musulmans, de très nombreuses sectes.
Statut : République de type présidentiel et multipartiste.
Constitution de la 3ème République adoptée par référendum en août 1992.
Le référendum du 17/9/1995 autorise la nomination et la révocation du premier ministre par le président.
Régime : parlementaire.
Législatif : Parlement bicaméral, composé d’une Assemblée nationale (138 sièges) et d’un Sénat, ayant tous deux un mandat de 4 ans.
Chef de l’état : président de la République, élu pour 7 ans au suffrage universel.
Chef du gouvernement : Premier ministre.



Carte de Madagascar
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Morceau de l’ancien continent Gondwana séparé de l’Afrique au crétacé (période géologique de la fin de l'ère secondaire)


Carte de Gondwana et données sur la dérive des continents.

Sa superficie est de 587 041 km2 (soit les superficies de la France, des Pays-Bas et du Luxembourg réunies), ce qui en fait la quatrième île du monde par sa taille après le Groenland, la Nouvelle-Guinée et Bornéo (Australie mise à part).
Son insularité a doté Madagascar d’une flore et d’une faune qui ont atteint un haut degré d’endémisme.
Sa civilisation austronésienne remonte au plus tard au Ve siècle av. J.-C.


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Histoire

Sources :
- Littérature de l’Océan Indien de Jean-Louis Joubert. EDICEF, Vanves, 1991
- Guide Arthaud - Grands voyages - 1999 - 2000
- Encyclopédie Hachette

Des origines au XVIe siècle :
– Les Proto-Malgaches venaient sans doute d’Indonésie et d’Afrique, mais on ne peut pas encore reconstituer avec certitude leur itinéraire. Soit une traversée directe de l’océan Indien puis des razzias sur les côtes d’Afrique, soit une arrivée en pirogues à balancier, en longeant les côtes du sud de l’Asie, puis de l’Afrique.
On pense aujourd’hui que le peuple malgache s’est forgé dans la rencontre d’Indonésiens et de Bantous sur les côtes du nord et du nord-est de l’île. Certains de ces Proto-Malgaches étaient islamisés, comme l’ont démontré les recherches archéologiques.

XIIe siècle. Premières Installations des Antalaotra (" les gens de la mer "), islamisés parlant swahili, venant d’Afrique et des Comores, qui vont tenir pendant plusieurs siècles des établissements de commerce sur la côte nord-ouest. La mosquée la plus ancienne de Madagascar a été localisée à Mahilaka, en face de Nosy Be. D’autres comptoirs ont été par la suite florissants, comme Kingany, dans la baie de Boina ou Nosy Manja, à l’embouchure de la rivière Mahajamba, que visitèrent et pillèrent, au XVIe siècle, les navigateurs portugais.

XIVe siècle. Les migrations vers l’intérieur de l’île se font de plus en plus nombreuses, cependant que continuent les arrivées d’immigrants sur les côtes. On pressent que se mettent en place des systèmes de pouvoir originaux. Des dynasties émergent, dont les chroniques ont maintenu le souvenir.

Début du XVIe siècle. La plupart des groupes humains malgaches que l’on recense aujourd’hui ont une existence autonome et un territoire.

1500. Le navigateur portugais Diego Dias reconnaît les côtes de Madagascar (qui reçoit alors le nom d’île Saint-Laurent). Malgré leurs efforts, au long du siècle, les Portugais ne parviennent pas à ruiner les comptoirs antalaotra, pour y substituer leur monopole commercial. Un de leurs navires s’échoue en 1527 : les marins survivants traversent le sud de l’île. Hollandais et Anglais tentent, sans succès durable, d’installer des colonies, à la baie d’Antongil et sur la côte sud-ouest.

Au long du XVIe siècle. Des royaumes s’affirment. Les dynasties organisant les peuples Bara, Antandroy, Mahafaly et Sakalava tirent sans doute leur origine des Zafi-Raminia (islamisés d’origine imprécise, installés sur la côte sud-est). Les Antaimoro, d’abord sur le petit fleuve Matitana, essaiment vers la forêt en réunissant les clans Tanala.

1575 (?)-1610 (?). Règne du roi Ralambo, sur les Hauts Plateaux du centre de l’île, où se sont installés des immigrants récemment arrivés d’Indonésie, les Hova, qui ont peu à peu réduit les premiers occupants, les Vazimba, essentiellement pêcheurs de rivières et de marais. Ralambo dote son peuple et le pays qu’il occupe de noms nouveaux : " Merina " et " Imerina ". Il institue le système des castes, rompt le tabou sur la viande de bœuf, modernise l’armement (introduction du fusil). Son fils Andrianjaka s’empare d’Analamanga (" la forêt bleue "), colline occupée par les Vazimba et dominant la grande plaine du Betsimitatatra : elle devient Antananarivo (" la ville des mille "). Les marais commencent à être transformés en rizières.

XVIIe siècle. Le petit royaume sakalava, d’abord limité à la basse vallée du fleuve Mangoky, sur la côte sud-ouest, s’étend plus au nord dans la plaine du Menabe, puis au nord-ouest vers le Boina. Les deux royaumes sakalava ainsi formés sont les plus puissants de l’île. L’archéologie a montré que la ville d’Antsoheribory ou Boeny (que les Français appelaient d’un terme swahili " Nouveau Masselage ") comptait de six à sept mille habitants.

1642. Pronis, commis de la Compagnie des Indes, s’installe sur la côte sud-est. En 1643, sur l’ordre de Richelieu, il fonde Fort-Dauphin, comme escale sur la route des Indes. Son successeur, Flacourt, séjourne de 1648 à 1655. Il publie en 1658 une "Histoire de la Grande Ile Madagascar", comprenant un dictionnaire de 3 500 mots malgaches : cet ouvrage sera pendant deux siècles la source la plus riche des connaissances sur Madagascar et ses habitants. Sous les gouverneurs suivants, les relations avec les Malgaches connaissent des vicissitudes diverses. Ceux-ci ne se laissent pas facilement convertir au christianisme. Des missions de reconnaissance se dirigent vers l’intérieur et vers le sud.

1664. La nouvelle Compagnie des Indes Orientales, fondée par Colbert, se tourne surtout vers l’Inde et se désintéresse de l’établissement de Madagascar. Après le massacre de la garnison de Fort-Dauphin en 1674, les survivants s’embarquent pour l’île Bourbon [actuelle île de La Réunion], alors déserte.

Dès la fin du XVIIe siècle, des pirates français et anglais, souvent repliés de l’Atlantique, fréquentent les côtes malgaches (surtout l’île Sainte-Marie et la baie d’Antongil). Le Français Misson fonde (vers 1693 ?) l’éphémère république égalitaire de Libertalia, installée dans la baie de Diégo-Suarez.



Du XVIIe à 1894 :
Début du XVIIIe siècle. Ratsimilaho, fils métis du pirate anglais Tom Tew, fonde, sur la côte est, le royaume des Betsimisaraka (" les nombreux inséparables "). Ce royaume devait se fractionner par la suite, mais les Betsimisaraka lancèrent longtemps des expéditions en pirogues pour aller razzier les Comores et même les côtes africaines.

1675(?)-1710(?). Règne d’Andriamasinavalona, qui laisse le souvenir d’un des plus grands rois de l’Imerina. Il agrandit le royaume et réorganise son administration, en le partageant en quatre grandes régions. Mais il a mis à la tête de chacune d’elles l’un de ses fils. Dès avant la mort du roi, la partition du royaume se dessine, et au XVIIIe siècle, l’Imerina est divisé en quatre royaumes qui se combattent et sont victimes des razzias des voisins, Sakalava et Sihanaka.

Au cours du XVIIIe siècle, d’autres groupements malgaches manifestent leur cohésion : les quatre royaumes betsileo, au sud de l’Imerina ; l’Imamo et le Vakinankaratra, deux royaumes d’origine hova, à l’ouest et au sud du pays merina ; les Tsimihety (dont le nom - " ceux qui ne se coupent pas les cheveux " - atteste peut-être le goût de la liberté), installés au nord-est de l’île.

1750. La cession de l’île Sainte-Marie à la France (par la reine Beti, fille de Ratsimilaho) souligne la persistance des visées françaises sur la Grande Ile.

1768-1771. Le comte de Modave tente de réanimer l’établissement de Fort-Dauphin, dans une expérience de colonisation inspirée des principes des philosophes.

Carte de 1770

University of Minnesota Libraries
URL: http://www.lib.umn.edu/historical/Hafrica.html

1774-1786. Un aventurier, le baron de Benyowski, qui s’était fait octroyer la mission officielle de réaffirmer l’autorité du roi de France sur Madagascar, s’installe à la baie d’Antongil. Il se fait proclamer " empereur de Madagascar ".Il est finalement tué par un détachement envoyé de l’île de France, où l’on s’inquiétait de ses manœuvres. Cependant Benyowski a favorisé les voyages de traitants français vers l’intérieur. Nicolas Mayeur accomplit plusieurs voyages, en 1774, 1777, 1785 : il fut le premier Européen a pénétrer en Imerina.

Vers 1785. Le neveu du roi d’Ambohimanga (un des quatre petits souverains de l’Imerina) usurpe le trône et réussit ensuite, par de longues guerres, à éliminer les autres rois et à rétablir l’unité de l’Imerina. Il prend le nom d’Andrinampoinimerina (" le seigneur au cœur de l’Imerina "). Il impose une autorité absolue, établit une administration solide, réorganise l’armée, apporte la prospérité en développant la riziculture (le système des digues est restauré). Les relations avec les traitants européens sont limitées à l’achat de fusils en échange d’esclaves. Le roi étend son domaine royal en soumettant l’Imamo, le Vakinankaratra et trois des royaumes betsileo. À sa mort, il laisse à son fils la mission de continuer l’unification politique de l’île : " la mer sera la limite de ma rizière ", déclare son testament.

1810. Radama Ier succède à son père Andrianampoinimerina. Aidé par le gouverneur de l’île Maurice, Farquhar, soucieux d’empêcher le rétablissement des comptoirs français, Radama entreprend la conquête de l’île. En échange de sa renonciation au commerce des esclaves, il reçoit des armes et une assistance militaire anglaise. Il s’empare de Tamatave en 1817, du Menabe en 1822 ; il contrôle le pays betsimisaraka en 1823, le Boina en 1824 ; il occupe les royaumes antaimoro et antaisaka, le comptoir de Fort-Dauphin et l’extrême-nord. Les Français ne disposent plus que du comptoir de l’île Sainte-Marie. Occupation directe et système de protectorats (seuls les peuples de la pointe sud de l’île et une partie des Sakalava demeurent indépendants) lui permettent de revendiquer (dès 1817) le titre de " roi de Madagascar ". Radama Ier entreprend une modernisation systématique du royaume : ouverture d’écoles avec l’aide des missionnaires anglais ; transcription de la langue malgache en caractères latins et traduction de la Bible ; introduction de technologies nouvelles (fabrication des briques, charpenterie, tannage, etc.) ; diffusion du costume à l’européenne...Mais le roi meurt brusquement en 1828.

1828. Accession au trône de Ranavalona Ire, veuve de Radama Ier, soutenue par l’oligarchie des chefs de clans, qui est plutôt hostile aux nouveautés. Les missionnaires sont chassés, les chrétiens persécutés. Français et Anglais réagissent en envoyant leurs escadres bombarder Tamatave (1845), mais ils ne parviennent pas à rompre l’isolement volontaire du royaume malgache. Celui-ci s’est organisé, en limitant le commerce avec l’extérieur, en fabriquant sur place un certain nombre de produits industriels : fusils, canons, poudre, verre, faïence, produits chimiques, savon, soie, etc. Le Gascon Jean Laborde, créateur des hauts fourneaux de Mantasoa, est le principal artisan de cette politique d’autarcie industrielle. Le pouvoir écrase les révoltes des Antaisaka et des Antanosy, mais ne parvient pas à réduire Sakalava ni Antandroy. La fin du règne voit se durcir la persécution des chrétiens : les accusations de complot et les mises à l’épreuve du poison rituel (le tanguin) se multiplient. Tous les Européens sont expulsés.

1861. Mort de Ranavalona Ire. Son fils Radama II lui succède. Il ouvre toutes grandes les portes du royaume aux influences étrangères. Les missionnaires reviennent. L’homme d’affaires français Lambert se fait attribuer des pouvoirs économiques exorbitants. L’oligarchie, inquiète de l’européanisation à marches forcées, fait étrangler le roi (1863).

1863-1868. Règne de Rasoherina.

1868-1883. Règne de Ranavalona II.

1883-1896. Règne de Ranavalona III. Le pouvoir effectif est exercé par le Premier ministre, Rainilaiarivony, mari successif des trois reines, très habile politique.

1881. Adoption du " Code des 305 articles " qui, tout en respectant la tradition, introduisait des novations remarquables : réforme de la justice, abolissant le poison d’épreuves ; suppression de la polygamie ; instauration de l’état-civil. Les bases d’un État et d’un gouvernement modernes étaient créées. Des fonctionnaires administraient les villages. L’enseignement, confié aux missions, devenait obligatoire.

1883. Un conflit éclate avec la France. Celle-ci prétend faire respecter des droits anciens, les catholiques dénoncent les anciennes persécutions religieuses, les Réunionnais voient dans la Grande Ile le lieu idéal de leur expansion. Les Français occupent Majunga et Tamatave. Le traité de 1885 établit un statut de quasi-protectorat, avec un résident français à Tananarive, qui " préside aux relations extérieures ". L’Angleterre reconnaît le " protectorat français " en 1890, mais le Premier ministre défend l’intégrité de son pouvoir. Le désordre gagne, d’autant plus que la France encourage le séparatisme des Sakalava (dès 1841, l’île de Nosy Be s’était placée sous la protection de la France).

1894. Après un ultimatum adressé au Premier ministre, la Chambre des Députés française vote une expédition militaire.

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