 Histoire Sources : - Littérature de lOcéan Indien de Jean-Louis Joubert. EDICEF, Vanves, 1991 - Guide Arthaud - Grands voyages - 1999 - 2000 - Encyclopédie Hachette Des origines au XVIe siècle : Les Proto-Malgaches venaient sans doute dIndonésie et dAfrique, mais on ne peut pas encore reconstituer avec certitude leur itinéraire. Soit une traversée directe de locéan Indien puis des razzias sur les côtes dAfrique, soit une arrivée en pirogues à balancier, en longeant les côtes du sud de lAsie, puis de lAfrique. On pense aujourdhui que le peuple malgache sest forgé dans la rencontre dIndonésiens et de Bantous sur les côtes du nord et du nord-est de lîle. Certains de ces Proto-Malgaches étaient islamisés, comme lont démontré les recherches archéologiques. XIIe siècle. Premières Installations des Antalaotra (" les gens de la mer "), islamisés parlant swahili, venant dAfrique et des Comores, qui vont tenir pendant plusieurs siècles des établissements de commerce sur la côte nord-ouest. La mosquée la plus ancienne de Madagascar a été localisée à Mahilaka, en face de Nosy Be. Dautres comptoirs ont été par la suite florissants, comme Kingany, dans la baie de Boina ou Nosy Manja, à lembouchure de la rivière Mahajamba, que visitèrent et pillèrent, au XVIe siècle, les navigateurs portugais. XIVe siècle. Les migrations vers lintérieur de lîle se font de plus en plus nombreuses, cependant que continuent les arrivées dimmigrants sur les côtes. On pressent que se mettent en place des systèmes de pouvoir originaux. Des dynasties émergent, dont les chroniques ont maintenu le souvenir. Début du XVIe siècle. La plupart des groupes humains malgaches que lon recense aujourdhui ont une existence autonome et un territoire. 1500. Le navigateur portugais Diego Dias reconnaît les côtes de Madagascar (qui reçoit alors le nom dîle Saint-Laurent). Malgré leurs efforts, au long du siècle, les Portugais ne parviennent pas à ruiner les comptoirs antalaotra, pour y substituer leur monopole commercial. Un de leurs navires séchoue en 1527 : les marins survivants traversent le sud de lîle. Hollandais et Anglais tentent, sans succès durable, dinstaller des colonies, à la baie dAntongil et sur la côte sud-ouest. Au long du XVIe siècle. Des royaumes saffirment. Les dynasties organisant les peuples Bara, Antandroy, Mahafaly et Sakalava tirent sans doute leur origine des Zafi-Raminia (islamisés dorigine imprécise, installés sur la côte sud-est). Les Antaimoro, dabord sur le petit fleuve Matitana, essaiment vers la forêt en réunissant les clans Tanala. 1575 (?)-1610 (?). Règne du roi Ralambo, sur les Hauts Plateaux du centre de lîle, où se sont installés des immigrants récemment arrivés dIndonésie, les Hova, qui ont peu à peu réduit les premiers occupants, les Vazimba, essentiellement pêcheurs de rivières et de marais. Ralambo dote son peuple et le pays quil occupe de noms nouveaux : " Merina " et " Imerina ". Il institue le système des castes, rompt le tabou sur la viande de buf, modernise larmement (introduction du fusil). Son fils Andrianjaka sempare dAnalamanga (" la forêt bleue "), colline occupée par les Vazimba et dominant la grande plaine du Betsimitatatra : elle devient Antananarivo (" la ville des mille "). Les marais commencent à être transformés en rizières. XVIIe siècle. Le petit royaume sakalava, dabord limité à la basse vallée du fleuve Mangoky, sur la côte sud-ouest, sétend plus au nord dans la plaine du Menabe, puis au nord-ouest vers le Boina. Les deux royaumes sakalava ainsi formés sont les plus puissants de lîle. Larchéologie a montré que la ville dAntsoheribory ou Boeny (que les Français appelaient dun terme swahili " Nouveau Masselage ") comptait de six à sept mille habitants. 1642. Pronis, commis de la Compagnie des Indes, sinstalle sur la côte sud-est. En 1643, sur lordre de Richelieu, il fonde Fort-Dauphin, comme escale sur la route des Indes. Son successeur, Flacourt, séjourne de 1648 à 1655. Il publie en 1658 une "Histoire de la Grande Ile Madagascar", comprenant un dictionnaire de 3 500 mots malgaches : cet ouvrage sera pendant deux siècles la source la plus riche des connaissances sur Madagascar et ses habitants. Sous les gouverneurs suivants, les relations avec les Malgaches connaissent des vicissitudes diverses. Ceux-ci ne se laissent pas facilement convertir au christianisme. Des missions de reconnaissance se dirigent vers lintérieur et vers le sud. 1664. La nouvelle Compagnie des Indes Orientales, fondée par Colbert, se tourne surtout vers lInde et se désintéresse de létablissement de Madagascar. Après le massacre de la garnison de Fort-Dauphin en 1674, les survivants sembarquent pour lîle Bourbon [actuelle île de La Réunion], alors déserte. Dès la fin du XVIIe siècle, des pirates français et anglais, souvent repliés de lAtlantique, fréquentent les côtes malgaches (surtout lîle Sainte-Marie et la baie dAntongil). Le Français Misson fonde (vers 1693 ?) léphémère république égalitaire de Libertalia, installée dans la baie de Diégo-Suarez.  Du XVIIe à 1894 : Début du XVIIIe siècle. Ratsimilaho, fils métis du pirate anglais Tom Tew, fonde, sur la côte est, le royaume des Betsimisaraka (" les nombreux inséparables "). Ce royaume devait se fractionner par la suite, mais les Betsimisaraka lancèrent longtemps des expéditions en pirogues pour aller razzier les Comores et même les côtes africaines. 1675(?)-1710(?). Règne dAndriamasinavalona, qui laisse le souvenir dun des plus grands rois de lImerina. Il agrandit le royaume et réorganise son administration, en le partageant en quatre grandes régions. Mais il a mis à la tête de chacune delles lun de ses fils. Dès avant la mort du roi, la partition du royaume se dessine, et au XVIIIe siècle, lImerina est divisé en quatre royaumes qui se combattent et sont victimes des razzias des voisins, Sakalava et Sihanaka. Au cours du XVIIIe siècle, dautres groupements malgaches manifestent leur cohésion : les quatre royaumes betsileo, au sud de lImerina ; lImamo et le Vakinankaratra, deux royaumes dorigine hova, à louest et au sud du pays merina ; les Tsimihety (dont le nom - " ceux qui ne se coupent pas les cheveux " - atteste peut-être le goût de la liberté), installés au nord-est de lîle. 1750. La cession de lîle Sainte-Marie à la France (par la reine Beti, fille de Ratsimilaho) souligne la persistance des visées françaises sur la Grande Ile. 1768-1771. Le comte de Modave tente de réanimer létablissement de Fort-Dauphin, dans une expérience de colonisation inspirée des principes des philosophes. University of Minnesota Libraries URL: http://www.lib.umn.edu/historical/Hafrica.html 1774-1786. Un aventurier, le baron de Benyowski, qui sétait fait octroyer la mission officielle de réaffirmer lautorité du roi de France sur Madagascar, sinstalle à la baie dAntongil. Il se fait proclamer " empereur de Madagascar ".Il est finalement tué par un détachement envoyé de lîle de France, où lon sinquiétait de ses manuvres. Cependant Benyowski a favorisé les voyages de traitants français vers lintérieur. Nicolas Mayeur accomplit plusieurs voyages, en 1774, 1777, 1785 : il fut le premier Européen a pénétrer en Imerina. Vers 1785. Le neveu du roi dAmbohimanga (un des quatre petits souverains de lImerina) usurpe le trône et réussit ensuite, par de longues guerres, à éliminer les autres rois et à rétablir lunité de lImerina. Il prend le nom dAndrinampoinimerina (" le seigneur au cur de lImerina "). Il impose une autorité absolue, établit une administration solide, réorganise larmée, apporte la prospérité en développant la riziculture (le système des digues est restauré). Les relations avec les traitants européens sont limitées à lachat de fusils en échange desclaves. Le roi étend son domaine royal en soumettant lImamo, le Vakinankaratra et trois des royaumes betsileo. À sa mort, il laisse à son fils la mission de continuer lunification politique de lîle : " la mer sera la limite de ma rizière ", déclare son testament. 1810. Radama Ier succède à son père Andrianampoinimerina. Aidé par le gouverneur de lîle Maurice, Farquhar, soucieux dempêcher le rétablissement des comptoirs français, Radama entreprend la conquête de lîle. En échange de sa renonciation au commerce des esclaves, il reçoit des armes et une assistance militaire anglaise. Il sempare de Tamatave en 1817, du Menabe en 1822 ; il contrôle le pays betsimisaraka en 1823, le Boina en 1824 ; il occupe les royaumes antaimoro et antaisaka, le comptoir de Fort-Dauphin et lextrême-nord. Les Français ne disposent plus que du comptoir de lîle Sainte-Marie. Occupation directe et système de protectorats (seuls les peuples de la pointe sud de lîle et une partie des Sakalava demeurent indépendants) lui permettent de revendiquer (dès 1817) le titre de " roi de Madagascar ". Radama Ier entreprend une modernisation systématique du royaume : ouverture décoles avec laide des missionnaires anglais ; transcription de la langue malgache en caractères latins et traduction de la Bible ; introduction de technologies nouvelles (fabrication des briques, charpenterie, tannage, etc.) ; diffusion du costume à leuropéenne...Mais le roi meurt brusquement en 1828. 1828. Accession au trône de Ranavalona Ire, veuve de Radama Ier, soutenue par loligarchie des chefs de clans, qui est plutôt hostile aux nouveautés. Les missionnaires sont chassés, les chrétiens persécutés. Français et Anglais réagissent en envoyant leurs escadres bombarder Tamatave (1845), mais ils ne parviennent pas à rompre lisolement volontaire du royaume malgache. Celui-ci sest organisé, en limitant le commerce avec lextérieur, en fabriquant sur place un certain nombre de produits industriels : fusils, canons, poudre, verre, faïence, produits chimiques, savon, soie, etc. Le Gascon Jean Laborde, créateur des hauts fourneaux de Mantasoa, est le principal artisan de cette politique dautarcie industrielle. Le pouvoir écrase les révoltes des Antaisaka et des Antanosy, mais ne parvient pas à réduire Sakalava ni Antandroy. La fin du règne voit se durcir la persécution des chrétiens : les accusations de complot et les mises à lépreuve du poison rituel (le tanguin) se multiplient. Tous les Européens sont expulsés. 1861. Mort de Ranavalona Ire. Son fils Radama II lui succède. Il ouvre toutes grandes les portes du royaume aux influences étrangères. Les missionnaires reviennent. Lhomme daffaires français Lambert se fait attribuer des pouvoirs économiques exorbitants. Loligarchie, inquiète de leuropéanisation à marches forcées, fait étrangler le roi (1863). 1863-1868. Règne de Rasoherina. 1868-1883. Règne de Ranavalona II. 1883-1896. Règne de Ranavalona III. Le pouvoir effectif est exercé par le Premier ministre, Rainilaiarivony, mari successif des trois reines, très habile politique. 1881. Adoption du " Code des 305 articles " qui, tout en respectant la tradition, introduisait des novations remarquables : réforme de la justice, abolissant le poison dépreuves ; suppression de la polygamie ; instauration de létat-civil. Les bases dun État et dun gouvernement modernes étaient créées. Des fonctionnaires administraient les villages. Lenseignement, confié aux missions, devenait obligatoire. 1883. Un conflit éclate avec la France. Celle-ci prétend faire respecter des droits anciens, les catholiques dénoncent les anciennes persécutions religieuses, les Réunionnais voient dans la Grande Ile le lieu idéal de leur expansion. Les Français occupent Majunga et Tamatave. Le traité de 1885 établit un statut de quasi-protectorat, avec un résident français à Tananarive, qui " préside aux relations extérieures ". LAngleterre reconnaît le " protectorat français " en 1890, mais le Premier ministre défend lintégrité de son pouvoir. Le désordre gagne, dautant plus que la France encourage le séparatisme des Sakalava (dès 1841, lîle de Nosy Be sétait placée sous la protection de la France). 1894. Après un ultimatum adressé au Premier ministre, la Chambre des Députés française vote une expédition militaire. |  | | | © ZOMARÉ, 2001. Tous droits réservés. Toute reproduction doit faire l'objet d'une autorisation Vos commentaires sont les bienvenus. | | | | | | |  | | | | | | | | | | |