Madagascar 2

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Madagascar 2

De 1895 à nos jours

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1960 à 1998


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Les Pays de la zone Océan indien

De 1895 à nos jours :
1895. Débarquement à Majunga des troupes françaises. La marche vers la capitale merina est considérablement ralentie par la mauvaise organisation de l’expédition et par les fièvres (6 000 morts sur les 15 000 du corps expéditionnaire). Le 30 septembre, Tananarive est occupée, le Premier ministre exilé, la reine maintenue sous la tutelle d’un protectorat effectif. Mais le chaos gagne le pays. Les peuples soumis par les Merina s’émancipent. Une insurection populaire (le mouvement des Menalamba) embrase les campagnes, au nom de la tradition, contre les innovations modernistes et la mainmise étrangère.


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1896. Le Parlement français vote l’annexion de Madagascar en tant que colonie. L’esclavage est aboli (ce qui contribue à détruire le fondement économique du pouvoir de l’oligarchie). Galliéni est envoyé dans l’île, avec les pleins pouvoirs civils et militaires. Il fait fusiller deux ministres, exile la reine, entame une lutte sans merci contre les « fahavalo » (les rebelles qui font régner l’insécurité dans les campagnes), en s’appuyant sur les villageois. Le colonel Lyautey pacifie le Sud. Une dernière révolte, dans le Sud-Est, est brisée en 1905. L’unification de l’île, commencée avec Andrianmpoinimerina, est alors réalisée, mais sous domination étrangère. Galliéni entreprend d’organiser le pays, en créant des cadres administratifs et une justice indigènes, en instituant un enseignement laïque, chargé de promouvoir la langue française (devenue obligatoire), en faisant lever un impôt direct, lourd, supposé inciter les sujets malgaches à redoubler d’ardeur au travail. Un chemin de fer (Tamatave-Tananarive) est entrepris ; des routes sont tracées ; les villes modernisées. Galliéni fonde l’Académie malgache (1902) pour l’étude de la langue et de la civilisation malgaches.

1905-1945. Les gouverneurs qui succèdent à Galliéni sont des grands commis qui veulent promouvoir le développement économique de Madagascar : introduction de cultures nouvelles, modernisation des voies de communication, recherches minières. Mais la colonisation ne parvient pas à réaliser l’assimilation à laquelle Galliéni avait pu rêver. Les deux sociétés (les Malgaches, sujets soumis au code de l’indigénat ; les Français, imbus d’un complexe de supériorité coloniale) vivent sans communication réelle. En 1939, cependant, une minorité de Malgaches (8 000 personnes) aura pu accéder à la citoyenneté française.

1915. Complot de la V.V.S. (« Vy Vato Sakelika »), à l’École de médecine de Tananarive. Il est durement réprimé. Les prétendus meneurs sont exilés.

1920. Le Front populaire accorde la reconnaissance légale aux syndicats. Les idées d’indépendance gagnent du terrain.

1940-1945. Les autorités françaises de Madagascar se rallient d’abord à Vichy. Les Anglais débarquent à Diégo-Suarez en 1942 et occupent l’île. Ils la remettent aux gaullistes en 1943. Ceux-ci tentent d’intégrer Madagascar à l’effort de guerre, en pratiquant des réquisitions et en instituant un « Office du Riz », politique vite impopulaire et qui réveille le nationalisme.

1945. Création d’un Conseil Représentatif, comprenant autant de membres français que malgaches (ceux-ci sont élus par les notables) et ayant pouvoir de voter le budget. À la fin de l’année, Madagascar désigne quatre députés, dont deux Malgaches, à l’Assemblée constituante française. Ce sont deux nationalistes qui sont élus.

1946. Création du M. D. R. M. (Mouvement Démocratique pour la Rénovation Malgache), parti politique de tendance nationaliste. Contre lui, les autorités coloniales soutiennent le P.A.D.E.S.M. (« Parti des Déshérités de Madagascar »), réunissant des côtiers et des anciens esclaves, inquiets de voir s’imposer un « pouvoir merina ». Ce sont trois députés M.D.R.M. qui sont élus pour représenter Madagascar à la nouvelle Assemblée nationale française.

1947. Dans la nuit du 29 au 30 mars, une « rébellion » éclate, en divers points de l’île. Si Diégo-Suarez et les Hauts Plateaux suivent mal le mouvement, celui-ci enflamme toute la côte est. Les désirs nationalistes et la nostalgie de l’indépendance perdue ont sans doute été ranimés par l’action du M.D.R.M., mais les manœuvres provocatrices de certains cercles coloniaux sont probables. La rébellion piétine, mais parvient à durer plusieurs mois dans les régions isolées de la forêt. La répression est rude : on estime qu’elle a causé, directement ou indirectement, plusieurs dizaines de milliers de morts. Tenus pour responsables, les députés malgaches à l’Assemblée française sont condamnés à de très lourdes peines, après un procès inique.

1954. Une amnistie est votée. Après le choc des événements de 1947, l’évolution politique reprend : il est de plus en plus clair que le statut colonial est condamné à se transformer, voire à disparaître.

1958. Proclamation le 14 octobre de la République malgache. Philibert Tsiranana, fondateur du Parti Social-Démocrate, est élu Président de la République.
28 septembre : référendum sur l'adhésion à la Communauté française. Madagascar a voté oui, sauf la population d'Antananarivo.
14 octobre : proclamation de la République malgache.
16 octobre : adoption de la première loi constitutionnelle de la République.

1960. 27 avril : signature, à Paris, des accords de coopération et d'adhésion de Madagascar à la Communauté française, paraphés le 2 avril.
26 juin : proclamation de l'indépendance de Madagascar.
2 juillet : recommandation du Conseil de sécurité des Nations unies pour l'admission de Madagascar à l'ONU, après demande déposée le 28 juin.

1965. 30 mars : reconduction à la tête du pays de Philibert Tsiranana et début du règne de son parti, le PSD (parti socialiste démocrate), créé à Mahajanga en décembre 1956 avec comme principal parti d'opposition le parti du congrès pour l'indépendance de Madagascar (AKFM) fondé à Antananarivo en octobre 1958.



1971. Mars : grève générale des étudiants.
Avril : répression sanglante, dans le Sud, d'émeutes initiées par le Mouvement national pour l'indépendance de Madagascar (MONIMA) créé en juillet 1959.

1972. 30 janvier : réélection pour un troisième mandat du président Tsiranana. Des grèves scolaires et des manifestations de jeunes précipitent la chute de la Ire République malgache. Le régime du président Tsiranana n’avait pas réussi à faire décoller l’économie nationale. L’impression de stagnation se doublait du constat que la domination extérieure continuait à s’exercer sur le pays. Le réveil de rivalités ethniques, la maladie du chef de l’État et les problèmes de sa succession font naître un malaise politique. La dépendance culturelle (le système d’enseignement reste calqué sur celui de la France) suscite des frustrations : le mot d’ordre de « malgachisation de l’enseignement » fédère tous les mécontentements qui s’expriment lors des troubles du mois de mai.
13 mai : mouvements de révolte contre le pouvoir, durement réprimés.
15 mai : nomination du général Andriamahazo comme gouverneur militaire de la capitale.
18 mai : délégation des pleins pouvoirs au général Ramanantsoa en qualité de chef du gouvernement.
7 novembre : loi constitutionnelle.
Le général Ramanantsoa reçoit les pleins pouvoirs : il instaure une nouvelle organisation constitutionnelle et procède à la malgachisation de l’économie et de l’enseignement. Il entend faire de la communauté rurale de base, le »fokonolona », l’élément fondamental de l’administration autogérée du pays.

1973. 4 juin : signature à Paris du Nouvel Accord général, des Conventions et des dispositions de coopération révisées en janvier entre Madagascar et la France. Madagascar sort de la zone franc.
Septembre : départ des forces françaises basées à Madagascar.

1975. La situation économique ne s’améliorant pas et l’équipe au pouvoir se révélant divisée, le général Ramanantsoa, le 5 février, transfère les pleins pouvoirs au colonel Ratsimandrava, qui est assassiné une semaine plus tard. Un Conseil Supérieur de la Révolution, où émerge la personnalité du capitaine Ratsiraka, devient le centre du pouvoir. La IIe République est intronisée après le référendum du 21 décembre. Didier Ratsiraka devient Président de la République Démocratique Malgache, qui s’affiche socialiste et révolutionnaire.
25 janvier : dissolution du gouvernement Ramanantsoa.
5 février : remise des pleins pouvoirs au colonel de gendarmerie Ratsimandrava.
11 février : assassinat du colonel Ratsimandrava. Constitution du directoire militaire.
13 février : suspension de tous les partis politiques.
15 juin : investiture du capitaine de frégate Didier Ratsiraka, élu chef de l'Etat et du gouvernement et président du Conseil suprême de la révolution par le directoire militaire.
28 août : parution du Boky Mena (« livre rouge »), charte de la révolutionsocialiste malgache.
21 décembre : référendum sur la Constitution de la IIe République.
30 décembre : promulgation de la nouvelle Constitution et proclamation de la République démocratique de Madagascar.

1976. Mars-mai : création du parti Antoky ny Revolisiona Malagasy (AREMA), formation présidentielle.
Avril : création de la Direction générale de l'investigation et de la documentation (DGID), police politique.
29 décembre : création du Front national pour la défense de la Révolution (FNDR) regroupant notamment l'AREMA, le MONIMA et le Vonjy Iray tsy Mil :avy

1981. Février-juin : grève universitaire.

1982. Mai : insurrections paysannes dans le Sud.
De mars à juin : violentes manifestations dans le Nord et à Ambositra.
4-8 août : Ier congrès du Conseil oecuménique des Églises à Madagascar (FFKM). Très critique envers le gouvernement.
7 novembre : reconduction de M. Ratsiraka pour un deuxième mandat.

1984. 10 juillet : requête de dissolution du gouvernement, du Conseil suprême de la révolution, et du CMD par le MONIMA.

1988. Éclatement de l’université de Madagascar créée en 1960 et création des universités d’Antananarivo, de Toamasina, de Toliara, de Fianarantsoa, de Mahajanga, et d’Antsiranana.

1989. 12 mars : élection présidentielle à l’issue de laquelle M. Ratsiraka obtient un troisième mandat.

1990. 14 juin : visite officielle du président Mitterrand.
14 août : visite de travail du président sud-africain Frédéric de Klerk.
16 août : première concertation nationale sur le devenir de la nation organisée par le FFKM à l’intention de toutes les forces vives. Seuls les membres du pouvoir refusent l’invitation.
Décembre : deuxième concertation nationale et création, d’une part, du Conseil oecuménique sur la vie nationale regroupant les 54 organisations confessionnelles présentes et, d’autre part, du Conseil national des forces vives réunissant 80 organisations.

1991. 1er mai : manifestations de l’opposition à Fianarantsoa et à Antananarivo.
11 juin : la population réclame l’abrogation de la Constitution de 1975 et la tenue d’une conférence nationale.
18 juin : le Conseil des forces vives réclame le départ du président.
26 juin : refus du président Ratsiraka d’une conférence nationale.
8 juillet : le mouvement se durcit. Grève générale illimitée pour le départ du président et l’abrogation de la Constitution.
16 juillet : création d’un gouvernement bis avec comme président le général Rakotoharison et comme Premier ministre M. Albert Zafy
23 juillet : instauration de l’état d’urgence.
27 juillet : arrestation de M. Zafy
9 août : nomination de M. Razanamasy en qualité de Premier ministre par M. Ratsiraka.
10 août : répression sanglante de « la marche de la liberté », une foule de 400.000 personnes aux mains nues.
17 août : déclaration unilatérale de constitution en États fédérés de 5 régions du pays.
26 août : mise en place d’un gouvernement de nécessité nationale.
19 décembre : présentation du gouvernement de consensus, de transition.

1992. Janvier : nomination des 130 membres du Comité de redressement économique et social (CRES).
Mars : forum national chargé de la mise en forme des textes de la Constitution de la III’ République.
19 août : consultation populaire pour l’adoption de la Constitution.
25 novembre : premier tour de l’élection présidentielle.



1993. 10 février : second tour de l’élection présidentielle.
9 mars : annonce des résultats officiels par la Haute Cour constitutionnelle : 66,74 % à M. Zafy contre 33,26 % à M. Ratsiraka.
27 mars : cérémonie d’investiture du premier président de la IIIe République.
16 juin : élections législatives.
5 août : élection du pasteur Richard Andriamanjato à la présidence de l’Assemblée nationale et constitution de son bureau permanent pour quatre ans.

1994. Février :
- le terrible cyclone Geralda (300 km/h, 70 morts, 500.000 sinistrés) ravage 80% de la côte nord-est de l’île;
- la délégation du FMI, rentré précipitamment chez elle en décembre 1993, revient à Madagascar.
Avril : remaniement ministériel du gouvernement Ravony.
Mai :
- libéralisation du change : libre flottement de la monnaie malgache;
- Forum international de l’investissement à Madagascar (FIMAG 94).
Une délégation de 150 investisseurs s’est déplacée.
Août : remaniement ministériel du gouvernement Ravony.
Octobre :
- la station de radio, Radio France Internationale (RFI) émet en direct de Madagascar;
- la TVA entre en application au taux de 25%;
- le festival panafricain, Afracult, est annulé par le Conseil du gouvernement, à 10 jours de son ouverture officielle, alors que 95% des sites qui devaient accueillir cette manifestation sont déjà pratiquement achevés;
- Raymond Raoelina est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Madagascar en France.

1995. Mars :
- grève lancée par le Syndicat des enseignants chercheurs de l’enseignement supérieur (SECES) au sujet du statut des enseignants;
- visite de Son Altesse Royale, le prince Philip, duc d’Edimburg et président de World Wide Fund for Nature : WWF fête sa 15e année de présence à Madagascar.
Septembre : formation du 3’ gouvernement Ravony.
17 septembre : référendum : le Parlement n’a plus le droit d’élire le Premier ministre, qui sera nommé et renvoyé par le Président. Peu de temps après, Albert Zafy applique la règle et se sépare de Francisque Ravony.
30 octobre : Emmanuel Rakotovahiny est nommé Premier ministre, mais il ne réussit pas à ramener l’ordre politique. Le nombre de mécontents et d’opposants au régime augmente.
5 novembre : élections municipales. Les candidats d’opposition remportent les mairies des principales villes.
6 novembre : incendie sans doute criminel du palais de la reine à Tana.

1996. Au début de l’année, certains dirigeant du régime en viennent à réclamer le départ d’Emmanuel Rakotovahiny et de son ministre des Finances. Le président Zafy refuse de trancher la question.
Avril : les vieux compagnons de route du président quittent la « mouvance présidentielle » : les Forces Vives Rasalama, l’AKFM Fanavaozana de Richard Andriamanjato, le VVSV de Daniel Ramaromisa, l’Elan populaire pour l’unité nationale de Marojama Razanabahiny et le Parti social-démocrate de Ruffine Tsiranana.
28 mai : Norbert Ratsirahonana est Premier ministre et constitue son gouvernement.
5 septembre : Albert Zafy est destitué par les députés et le Premier ministre devient Président par intérim.
9 décembre : Didier Ratsiraka remporte la présidence par 50,71 % des voix devant Zafy.

1997. 31 janvier : Didier Ratsiraka est déclaré Président de la République par la Haute Cour constitutionnelle.
9 février : investiture officielle du Président. Nomination du Premier ministre, Pascal Rakotomavo.
Août : jeux de la Francophonie à Madagascar.
Octobre : Malala Zo Raolison est désigné comme nouvel ambassadeur de Madagascar en France.
Novembre : journée de l’Industrialisation en Afrique, à Tana, sous l’égide de l’Organisation des nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

1998. Janvier :
- référendum sur la décentralisation. Le peuple vote oui;
- le vice-Premier ministre, chargé des Finances et de l’Economie, Tantely Andrianarivo, et le directeur de l’USAID, madame Karen Poe, signent le 8e amendement à l’accord de subvention relatif aux services de planification familiale, de survie de l’enfant et de prévention du sida. Le montant du projet s’élève à 37,38 millions de dollars;
- présentation officielle du premier modèle de logements sociaux dans le cadre du projet « 35000 logements à Ivontovorona ». Les travaux seront réalisés par le groupe malais Innovest.
Février :
- ouverture du séminaire de « réflexion stratégique sur l’avenir de la Commission de l’océan Indien (COI) », mené par le Centre européen de gestion des politiques de développement auprès des cinq îles de la COI;
- rejet de la motion d’empêchement du président Didier Ratsiraka à l’Assemblée nationale, faute de quorum.
Mai : élections législatives : la majorité des sièges est emportée par l’équipe au pouvoir.
Juillet : élection du professeur en médecine, Ange, à la présidence de l’Assemblée nationale
Août : élections législatives. Didier Ratsiraka renvoie son Premier ministre, Pascal Rakomatavo, et nomme à sa place Tantely Andrianarivo. Constitution du nouveau gouvernement.

Madagascar actualités 1994 à 1998

« Madagasikara » est interprété par Rizikin' Antsiranana. Auteur et compositeur du titre,
Mme MBOTIHANONA Suzanne est la responsable et 'mpijijy' du chœur (Tous droits réservés.).

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